Rechercher
  • par Anne

Conférence Bernard Collot – 20.06.17


Bernard Collot a été accueilli comme il se doit en Bretagne ! Les bénévoles de l’association Graine de Sens et autres volontaires se sont mobilisés dès l’après-midi de ce mercredi 20 juin pour préparer des gâteaux sucrés et cuisiner tout le nécessaire pour les stands de galettes, crêpes et pizzas ainsi que la buvette mise en place à cette occasion. Avec le soleil breton en prime, tout était réuni pour faire de cette conférence et ce temps d’échange, un véritable succès ! Ils ont été nombreux à répondre présents à l’appel de l’association Graine de Sens, curieux de rencontrer et entendre le témoignage de celui qui a réussi, il y a 40 ans déjà, le pari un peu fou de transformer sa classe unique en véritable « Ecole du 3ème type » comme il se plaît à la nommer lui-même. Une école sans cahiers, sans programmes, sans évaluations, sans horaires, sans emploi du temps… Des parents ayant déjà préinscrits leurs enfants à l’école démocratique de Brocéliande, d’autres intéressés et qui hésitent encore, des enfants futurs membres de l’école, des enfants encore en cours de réflexion et de cheminement, des futurs accompagnants…Ils étaient tous là pour se rencontrer, échanger, créer du lien mais aussi exprimer leurs doutes, leurs questionnements, leurs craintes. Tout était bienvenu dans ce cadre bienveillant et ouvert à la discussion et au débat d’idées. Tous des « chercheurs en éducation » comme les nomme Bernard Collot. Eh oui ! s’intéresser à l’éducation de nos enfants c’est un peu être « chercheur en éducation » selon lui. Pas faux, n’est-ce pas ? ;-) Bernard Collot avec son talent d’orateur a su captiver ses auditeurs et nous faire part de son expérience et son vécu, avec les hauts et les bas, de sa carrière « d’instituteur un peu particulier ». Il y a 40 ans quand il a commencé son métier, rien ne le prédestinait à créer « une nouvelle façon d’enseigner aux enfants »…Les nombreuses anecdotes de son parcours nous prouvent à quel point la créativité, la liberté d’apprentissage et l’envie peuvent soulever des montagnes ! Il a commencé avec la pédagogie « Freinet »*, sans même savoir que c’était du Freinet nous dit-il. C’est un collègue qui l’a vu assis parmi ses élèves et non plus debout sur l’estrade, de laquelle il trébuchait souvent parce qu’il était maladroit, précise Bernard Collot en riant, qui lui a dit « Tiens tu fais du Freinet ? ». Lui il ne savait même pas ce que c’était ! Ca lui semblait beaucoup plus naturel et simple d’être à leur hauteur, tout bêtement ! Et puis la classe unique c’est venu un peu par « paresse » au début précise Bernard, de son air moqueur. Avoir des exercices pour toutes les tranches d’âge et devoir sans cesse en réinventer parce qu’ils les résolvaient trop vite, c’était trop compliqué à gérer. Alors il s’est dit « Pourquoi ne pas mélanger tous les enfants ? » C’est comme ça qu’a commencé son aventure. Il s’est très vite rendu compte que le bien-être des enfants avait un impact très positif sur leur apprentissage. Alors il a continué. « La pédagogie Freinet m’a permis de construire la liberté dans le groupe au début et puis au fur et à mesure on enlève la pédagogie ! » ajoute Bernard Collot amusé. Et oui, son crédo à lui c’est qu’aujourd’hui il n’y a plus de pédagogie ! Ce qui est nécessaire pour l’épanouissement et l’apprentissage, c’est un espace avec un environnement très stimulateur qui permet l’interaction et la communication les uns avec les autres : enfants, parents, accompagnants. Tout le monde participe. D’ailleurs l’école a été ouverte aux parents dès le début, précise Bernard Collot. « Ce sont les enfants, les parents, tout le village et moi-même qui avons créé cette nouvelle école ». L’interaction, la confiance, la volonté et l’implication de tous est nécessaire dans ce genre de projet. L’expression « Ecole du 3ème type » est apparue ensuite. C’est venu d’un journaliste qui a fait un reportage dans sa classe de Moussac (Gard). Il a trouvé cette manière de faire tellement atypique qu’il s’est cru sur « une autre planète » ! Ça lui a beaucoup plu et c’est de cette anecdote qu’est venue l’idée d’appeler cette école « Ecole du 3ème type ». Bernard Collot ajoute : « Dès l’instant où dans une école rien ne se passe comme dans les autres, c’est une école du 3ème type ! ». « Votre future école démocratique, c’est une école du 3ème type » précise-t-il en regardant l’assemblée ;-) L’interrelation est donc un élément essentiel pour nos écoles, c’est une clé du succès. Il faut réussir à créer cette dynamique avec les enfants, une fois que cette dynamique est créée, l’adulte peut s’effacer et être simplement là en support, au cas où l’enfant a besoin de lui. « Il est nécessaire de se « déformater » pour reconstruire autre chose » précise Bernard Collot. C’est un processus très important, il faut se laisser du temps pour y arriver, ne pas tout vouloir tout de suite, savoir être indulgent avec soi-même et avec les autres… En tous cas, les bretons sont bien partis pour y arriver ! « C’est en Bretagne qu’est en train de naître la société à venir » ajoute Bernard Collot. Quand on voit le nombre de projets en cours en Bretagne, on peut effectivement être fiers ! Anne *Freinet : L'expression libre des jeunes, la correspondance entre classes, le journal scolaire, le plan de travail individuel, les fichiers et livrets auto-correctifs, les conférences d'élèves (ou exposés), les décisions coopératives concernant la vie de la classe: toutes ces pratiques éducatives suivantes ont toutes été introduites par un instituteur nommé Célestin Freinet (1896-1966)*, au fil de son travail avec ses élèves..

#conférence #évènement

0 vue
Rejoignez-nous sur les réseaux sociaux :
  • Instagram
  • Facebook Social Icon
This site was designed with the
.com
website builder. Create your website today.
Start Now